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		<title>3. J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois, le jeu de la peinture, 2012 par Alice Laguarda</title>
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		<dc:date>2017-07-13T08:33:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>jerome Fran&#231;ois</dc:creator>



		<description>[fr] Des images insaisissables ? Depuis vingt ans, J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois questionne le m&#233;dium de la peinture en faisant dialoguer diff&#233;rents niveaux de repr&#233;sentations et de temporalit&#233;s. L'on pourrait d'abord penser que sa d&#233;marche s'inscrit dans le sillage de la &#171; n&#233;o-peinture &#187; apparue dans les ann&#233;es 1980 (David Salle, Julian Schnabel...), c'est-&#224;-dire dans un registre fond&#233; sur le collage, le montage d'images et l'association de signes et symboles h&#233;t&#233;roclites ; ou encore, qu'il s'agit d'un travail traitant (...)

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&lt;a href="https://jeromefrancois.com/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;5. Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des images insaisissables ?&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis vingt ans, J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois questionne le m&#233;dium de la peinture en faisant dialoguer diff&#233;rents niveaux de repr&#233;sentations et de temporalit&#233;s. L'on pourrait d'abord penser que sa d&#233;marche s'inscrit dans le sillage de la &#171; n&#233;o-peinture &#187; apparue dans les ann&#233;es 1980 (David Salle, Julian Schnabel...), c'est-&#224;-dire dans un registre fond&#233; sur le collage, le montage d'images et l'association de signes et symboles h&#233;t&#233;roclites ; ou encore, qu'il s'agit d'un travail traitant de l'accumulation et de l'appropriation d'images m&#233;diatiques qui privil&#233;gie la jouissance esth&#233;tique qui en r&#233;sulte, &#224; la mani&#232;re des artistes du Pop Art et de leurs h&#233;ritiers. Mais J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois cherche &#224; inscrire du doute, du vide et de la suspension dans un monde du trop plein d'images, satur&#233; de r&#233;f&#233;rences. Les Peintures cin&#233;matographiques en sont l'illustration, par la fa&#231;on dont elles se nourrissent d'une cat&#233;gorie sp&#233;cifique d'images. Ces s&#233;ries compos&#233;es de tableaux de divers formats sont construites &#224; partir de photogrammes extraits de films : la Vie passionn&#233;e de Vincent Van Gogh de Vincente Minnelli (Lust for Life, 1955), le Basquiat de Julian Schnabel (1996) ainsi que Frida Kahlo, Vermeer, Jackson Pollock, c&#244;toient des &#339;uvres moins commerciales (A Bigger Splash de Jack Hazan dans lequel David Hockney interpr&#232;te son propre r&#244;le, Francis Bacon dans Love is the Devil de John Maybury, Le myst&#232;re Picasso d'Henri-Georges Clouzot&#8230;). Les toiles jouent sur la tentative de suspendre le temps par le fait de retenir une image d'une action parmi une s&#233;rie, mais aussi &#224; travers le choix d'images pouvant s'inscrire dans la m&#233;moire collective. L'artiste choisit quelques images d'un film parmi des milliers et il introduit des creux, des apories en ins&#233;rant par exemple des parties monochromes dans ses compositions, se diff&#233;renciant par leurs teintes. J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois am&#233;nage ces creux color&#233;s pour rythmer la construction des tableaux, mais aussi pour concentrer l'attention sur l'image en jouant sur son apparition et son absence. C'est le cas avec la s&#233;rie sur Alexander Calder o&#249; alternent des toiles repr&#233;sentant l'artiste avec des monochromes blancs, noirs, bleus et jaunes, ou dans Peindre ou&#8230;, con&#231;ue d'apr&#232;s le film d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu Peindre ou faire l'amour (2004). Une oscillation entre apparition et disparition de la figure humaine se r&#233;v&#232;le alors, une rupture temporelle et visuelle qui marque sa distinction d'avec l'illusion de continuit&#233; telle qu'on peut la trouver au cin&#233;ma. Dans ce processus de pr&#233;l&#232;vement et d'assemblage, l'on se demande quelle est la v&#233;rit&#233; des images que nous regardons. Car m&#234;me s'il s'agit d'un ensemble de r&#233;f&#233;rences assez h&#233;t&#233;roclites, l'artiste ne choisit pas au hasard les films qui lui servent de matrice. La part belle est donn&#233;e aux biopics, un genre cin&#233;matographique pris&#233; des Am&#233;ricains qui romance, dramatise ou &#233;dulcore la vie de personnalit&#233;s c&#233;l&#232;bres. J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois s'attache ainsi &#224; peindre des portraits d'artistes d&#233;j&#224; fictionnalis&#233;s, plus ou moins d&#233;form&#233;s par les adaptations cin&#233;matographiques. Il s'agit &#233;galement de figures tut&#233;laires de l'histoire de l'art occidental, embellies, st&#233;r&#233;otyp&#233;es. Les plans isol&#233;s par l'artiste montrent souvent les visages des acteurs en cadrage serr&#233;, aux regards concentr&#233;s, perdus dans leur int&#233;riorit&#233;. Des images des artistes au travail, devant leur toile, reviennent dans les diff&#233;rentes s&#233;ries. Une mise en abyme appara&#238;t : J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois reproduit en les recadrant des plans con&#231;us par un cin&#233;aste qui montrent l'artiste en train ou sur le point de peindre. Mais que reste-t-il vraiment de ces figures ? De la v&#233;rit&#233; de leurs gestes, de la v&#233;racit&#233; de ce qu'ils ont v&#233;cu ? Ces peintures de J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois nous confrontent au pouvoir de l'image cin&#233;matographique, machine de simulation et de nostalgie, vecteur d'une illusion de r&#233;el. Il s'agit donc de s'interroger sur l'imaginaire que produit ce type de cin&#233;ma : quel est-il, quel sens renvoie-t-il ? Ainsi, si le travail de l'artiste parle de cin&#233;ma, ce n'est pas pour en reprendre le langage et le transposer dans un autre m&#233;dium, ce n'est pas non plus seulement pour interroger les relations formelles entre peinture et cin&#233;ma comme d'autres l'ont fait (de Jacques Monory et Edward Hopper jusqu'aux s&#233;ries de peintures assembl&#233;es comme des story-boards de Fabrice Hyber), mais plut&#244;t parce que le cin&#233;ma &#171; ne ressuscite que des fant&#244;mes &#187; et qu'&#171; il s'y perd lui-m&#234;me &#187; (1). Il faut situer la d&#233;marche de J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois dans le contexte de la soci&#233;t&#233; des simulacres et de la simulation telle que Jean Baudrillard, notamment, l'a d&#233;finie : &#171; Le cin&#233;ma se rapproche aussi d'une co&#239;ncidence absolue avec lui-m&#234;me [&#8230;] Le cin&#233;ma se plagie, se recopie, refait ses classiques, r&#233;troactive ses mythes originels, refait le muet plus parfait que le muet d'origine, etc. : tout cela est logique, le cin&#233;ma est fascin&#233; par lui-m&#234;me comme objet perdu tout comme il est (et nous) sommes fascin&#233;s par le r&#233;el comme r&#233;f&#233;rentiel en perdition. Le cin&#233;ma et l'imaginaire (romanesque, mythique, irr&#233;alit&#233;, y compris l'usage d&#233;lirant de sa propre technique) avaient jadis une relation vivante, dialectique, pleine, dramatique. La relation qui se noue aujourd'hui entre le cin&#233;ma et le r&#233;el est une relation inverse, n&#233;gative : elle r&#233;sulte de la perte de sp&#233;cificit&#233; de l'un et de l'autre. (2) &#187; Le cin&#233;ma, c'est l'&#171; hyperr&#233;el &#187;, un simulacre, une copie de copie qui nous signifie que nous avons perdu toute relation de sens au r&#233;el, que nous ne savons plus quelle est l'origine des images, leur substance, leur hi&#233;rarchie, au profit de la fascination pour leur d&#233;ferlante et leur surabondance. Cette dimension est renforc&#233;e par le fait qu'il s'agit, dans les Peintures cin&#233;matographiques, d'utiliser une forme de cin&#233;ma qui livre aux spectateurs un clich&#233; de ce qu'est r&#233;ellement la vie d'artiste.
Dans la s&#233;rie Anamorphoses (ann&#233;es 1990-2000), l'artiste repr&#233;sente des personnages anonymes d&#233;form&#233;s comme dans des miroirs de foire : cr&#226;nes d&#233;mesur&#233;ment allong&#233;s, corps &#233;tir&#233;s, visages grossis, etc&#8230; Ces distorsions, ces dimensions fantastiques et inqui&#233;tantes font une nouvelle fois &#233;cho au sentiment de perte d'aura de la figure humaine, de progression dans un environnement peupl&#233; de fant&#244;mes sans &#226;ge ni provenance fixes. J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois cr&#233;e des tableaux &#224; partir d'images tr&#232;s fragiles : celles produites par le reflet du miroir de l'anamorphose. Il s'int&#233;resse aux images changeantes et incertaines. Ce d&#233;sir de fixer une image insaisissable est issu d'un nouveau type de relation au monde, propre aux soci&#233;t&#233;s hyperm&#233;diatis&#233;es. Nous vivons bien un paradoxe : &#224; l'&#226;ge de l'information en direct, de la multiplication des outils de captation du r&#233;el (d&#233;mocratisation de la vid&#233;o, utilisation des t&#233;l&#233;phones portables pour photographier et filmer), &#224; l'&#226;ge, encore, du Remake et du Revival permanents, nous sommes pris dans un tourbillon d'images o&#249;, irr&#233;m&#233;diablement, la seconde chasse la premi&#232;re de nos esprits et de nos m&#233;moires. Contrairement &#224; une &#233;poque encore r&#233;cente o&#249; un fait historique &#233;tait immortalis&#233; par une photographie, nous &#233;voluons dans un monde o&#249; les images se multiplient pour dispara&#238;tre plus rapidement. Or, il ne s'agit pas pour J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois de d&#233;noncer le chaos et la perte de sens qui pourraient en r&#233;sulter. L'artiste cherche &#224; recomposer une totalit&#233; &#224; partir d'images disparates pr&#233;lev&#233;es dans un r&#233;el filtr&#233; et d&#233;form&#233; sans fin par les images m&#233;diatiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Activer le regard&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce proc&#233;d&#233; est pour J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois un moyen de questionner les fonctions de l'image peinte et, sans doute, leur persistance dans la soci&#233;t&#233; de l'&#171; hyperr&#233;el &#187;. Mais il serait vain de se lamenter sur la perte de sens, de substance, et de d&#233;cr&#233;ter une hi&#233;rarchie de valeur entre, d'un c&#244;t&#233;, la sup&#233;riorit&#233; de la peinture et, de l'autre, la m&#233;diocrit&#233;, le &#171; mensonge &#187; des images m&#233;diatiques et cin&#233;matographiques contemporaines. Il est question de jeu dans le travail de J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois, car pour chacune de ses s&#233;ries, celui-ci cr&#233;e un contexte, un pr&#233;alable qui est ensuite l'objet de manipulations. Ce sont par exemple les Peintures premi&#232;res qui limitent l'acte de peindre &#224; l'utilisation de couleurs primaires sur des tableaux monochromes et sont r&#233;investies par une nouvelle s&#233;rie plus de dix ans apr&#232;s avoir &#233;t&#233; initi&#233;es. Avec les Cosmogonies - o&#249; des gouttes de peintures dispers&#233;es sur une toile figurent la vo&#251;te c&#233;leste - et les Peintures premi&#232;res, l'acte de placer ou de modifier la disposition des toiles entre elles semble aussi important que l'acte m&#234;me de peindre. Enfin, avec la s&#233;rie des Matrices, o&#249; il est question de saisir le moment o&#249; le tableau se cr&#233;e dans les couleurs &#224; peine r&#233;unies sur la toile, J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois renvoie la cr&#233;ation de ces tableaux &#224; un changement de m&#233;dium qui modifie le statut de ce qu'on regarde mais aussi le statut des tableaux qui ont &#233;t&#233; photographi&#233;s. L'image premi&#232;re n'&#233;tant pas celle d'une r&#233;alit&#233; tangible mais celle d'une image issue d'un m&#233;lange de couleurs savamment informe. C'est &#224; une sorte de retour aux origines et aux stratifications qu'il faut franchir pour y acc&#233;der que l'artiste nous invite dans ces s&#233;ries, jouant sur les substances utilis&#233;es (huile, acrylique, p&#233;trole) et la r&#233;currence de la mati&#232;re et de la couleur.
Que ce soit dans les Peintures cin&#233;matographiques ou les s&#233;ries &#233;voqu&#233;es pr&#233;c&#233;demment, le travail de J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois est fond&#233; sur un jeu avec le fragment, l'omission d'&#233;l&#233;ments et la recomposition. C'est ce que montre La guerre de la peinture (2007) qui reprend des images extraites du film &#224; succ&#232;s La guerre du feu de Jean-Jacques Annaud (1981). Nous sommes plong&#233;s dans l'aube de l'humanit&#233;, face &#224; des visages qui incarnent le monde primitif, la transition vers un destin, une construction collective. J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois isole les personnages du film sur des fonds blancs ou des paysages &#224; peine esquiss&#233;s et recompose &#224; partir de l&#224; une nouvelle histoire qui marque la persistance de la figure humaine et en m&#234;me temps donne &#224; voir son myst&#232;re. Une tension entre figuration et abstraction se manifeste ici. Mais comme le rappelle l'artiste citant Maurice Denis, avant d'&#234;tre une image, un tableau figuratif n'est &#171; que de la peinture, un assemblage de t&#226;ches de couleurs &#187;, jusqu'&#224; devenir une &#171; mati&#232;re &#224; regarder sur la toile. (3) &#187; Il n'y a jamais de dualit&#233; ni d'opposition rigides dans le travail de J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois, toujours un jeu, une oscillation entre fragment et totalit&#233;, fini et non fini, v&#233;rit&#233; et mensonge.
Le sentiment de myst&#232;re repose sur cet int&#233;r&#234;t de l'artiste pour l'image fragmentaire et fragment&#233;e qui flotte entre l'actualit&#233;, le r&#233;el dont elle est issue, et l'anachronisme. L'ensemble est souvent &#233;nigmatique parce qu'il place le spectateur face &#224; un vide &#171; auquel il ne peut r&#233;pondre que par sa propre interpr&#233;tation &#187; : &#171; Au multiple, le tableau r&#233;torque par sa qualit&#233; d'objet unique, l'image peinte s'interpose &#224; la prolif&#233;ration des images. Elle implique une vision active, un effort d'attention et de d&#233;chiffrage auquel le regard contemporain, satur&#233;, n'est plus tout &#224; fait habitu&#233;. Elle est peut-&#234;tre la seule aujourd'hui &#224; pouvoir sauver la repr&#233;sentation du st&#233;r&#233;otype ou du clich&#233; qui &#233;touffe l'image m&#233;diatique&#8230; (4) &#187; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;O&#249; est le peintre ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans l'exposition que J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois pr&#233;pare au centre de cr&#233;ation contemporaine 2angles, un grand nombre d'&#339;uvres, anciennes et r&#233;centes, devront coexister, avec des ruptures, des apories dans les s&#233;ries et leur accrochage. Il y aura des superpositions, des ressemblances, des manques, des transformations, des collisions d'images et de sens. Ce projet d'accrochage entre en r&#233;sonance avec le travail entrepris dans le recueil intitul&#233; Maximalisme : J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois y a rassembl&#233; des extraits de textes sur la litt&#233;rature, la peinture, la musique ou encore l'art des samoura&#239;s&#8230; A lire les extraits s&#233;lectionn&#233;s, l'on mesure l'importance pour l'artiste du geste de Sampling qui nous conduit &#224; interroger sa position de peintre.
L'autre objet des Peintures cin&#233;matographiques est ainsi de parler de l'acte m&#234;me de peindre par le choix des images dans les films mais aussi dans leur choix. On trouve des r&#233;f&#233;rences &#224; des films d'actions (Sin City, Spiderman&#8230;) dans les &#339;uvres de J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois, et ces films renvoient aussi, indirectement, &#224; la position du peintre. Celle de l'observateur de la r&#233;alit&#233;, &#224; l'image du h&#233;ros de Fen&#234;tre sur cour d'Alfred Hitchcock dont l'artiste reproduit l'image, lorsque celui-ci devient voyeur malgr&#233; lui, immobilis&#233; dans son appartement &#224; cause d'une jambe dans le pl&#226;tre, ou encore celle du protagoniste du dessin anim&#233; Bob l'&#233;ponge. Celle de l'artiste qui est perm&#233;able au monde qui l'entoure. J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois joue avec ces figures et leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; en les ins&#233;rant dans un espace-temps reconstruit, une totalit&#233; faite de fragments d'informations, d'images appartenant &#224; l'histoire mondiale (Greenpeace, Amnesty International, 11 septembre 2001&#8230;). Ce jeu est aussi manifeste dans l'historicit&#233; et les titres que J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois donne &#224; ses peintures, comme si celles-ci m&#234;laient sans cesse diff&#233;rents &#226;ges de la repr&#233;sentation, du plus primitif au plus contemporain : des Peintures premi&#232;res qui renvoient &#224; l'histoire du monochrome aux Peintures &#233;thiques, montage d'images de guerres r&#233;centes ; des s&#233;ries de Vanit&#233;s et des Cosmogonies qui s'inscrivent dans une tradition de repr&#233;sentation ancienne et existentielle aux Peintures interdites, r&#233;alis&#233;es avec du p&#233;trole, qui semblent rejouer une part de l'art abstrait. A cette coexistence de temporalit&#233;s r&#233;pond le jeu de l'artiste avec la multiplicit&#233; des r&#233;gimes d'images contemporaines, avec ce &#171; r&#233;pertoire de signes sans &#233;quivalent dans l'histoire de l'humanit&#233;, puisque toutes les images produites par l'homme sont th&#233;oriquement archiv&#233;es et accessibles (ou en passe de l'&#234;tre). D'o&#249; un rapport nouveau &#224; la m&#233;moire et &#224; l'effacement, &#224; la fois l&#233;ger (tout est possible) et &#233;crasant. (5) &#187; Loin d'effrayer J&#233;r&#244;me Fran&#231;ois, l'on voit bien que c'est ce &#171; tout est possible &#187;, cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; et cette densit&#233; qui permettent &#224; son &#339;uvre de se d&#233;ployer selon un jeu dont les r&#232;gles, aussi, peuvent s'inventer elles-m&#234;mes, au fur et &#224; mesure, au gr&#233; du hasard. L'espace du tableau appara&#238;t alors comme un territoire de cr&#233;ation modulable pouvant accueillir les exp&#233;rimentations les plus vari&#233;es et les plus ouvertes.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alice Laguarda
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Architecte, philosophe est professeure d'esthe&#769;tique a&#768; l'e&#769;sam Caen/Cherbourg. Elle est aussi journaliste et critique.
_
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notes
1 Jean Baudrillard, Simulacres et simulation, Paris, &#233;ditions Galil&#233;e, 1981, p. 75.
2 Ibid., p. 76.
3 &#171; Ici et maintenant &#187;, entretien avec Thierry Cormier et Youri Deschamps, in Eclipses n&#176;31, 2000.
4 Fran&#231;oise-Claire Prodhon, &#171; L'image peinte en question &#187;, in art press hors s&#233;rie n&#176;16, &#171; O&#249; est pass&#233;e la peinture ? &#187;, 1995, p.170.
5 R&#233;gis Durand, dossier &#171; L'image d'art contemporaine &#187; coordonn&#233; par Paul Ardenne, in Visuel(s) n&#176;5, 1998, p. XI.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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